Maurice Gruau était jusqu'en
2001 curé d'APPOIGNY en Bourgogne. Il enseigne la
linguistique à l'université de Rennes et l'anthropologie
religieuse à l'université de Paris VII.
Ouvrage: "L'homme
rituel - Anthropologie du rituel catholique français"
par Maurice GRUAU - Editions Métailié 5, rue de Savoie
75006 Paris. (publications)
Jean-Hubert
me demande de dire ce que jai fait avant
daccéder à léquipe nationale de
laumônerie catholique des prisons. ça prend
forcément de la place quand on a déjà une longue
existence derrière soi. Né le jour de Noël 1930 dans
la Mayenne angevine, ordonné prêtre à Laval en 1955,
jai exercé le Ministère paroissial en Mayenne
pendant 12 ans. Ensuite, on ma confié des
responsabilités diocésaines : 4 ans à
lApostolat des Laïcs et 8 ans comme vicaire
général. Après quoi, jai souhaité reprendre un
ministère de base et suis allé, dans lYonne
retrouver Eugène Ernoult, un vieil ami devenu
archevêque de Sens. Parallèlement aux activités du
ministère, jai poursuivi quelques études :
de la théologie à luniversité catholique de
lOuest, une licence de sociologie
luniversité de Rennes. Cela ma permis
denseigner la linguistique à la faculté de
médecine puis à la faculté dentaire de Rennes et au
centre national de formation des personnels territoriaux
à Paris. Jai aussi le redoutable privilège de
succéder à Michel de Certeau dans lenseignements
de lanthropologie religieuse à Paris II (Jussieu).
Responsable pendant 17 ans, de la rédaction de deux
modestes publications liturgiques : " Dimanche
en paroisse " et " Aujourdhui
dimanche ", jai été amené à publier
un " livret de préparation au baptême "
et un recueil dhomélies, textes et prières pour
les obsèques " Résurrection " tous
deux parus aux éditions Socéval, puis un livre en
réponse à Jean Guitton et aux frères Bogdanov " Après
Jean Guitton Dieu ? " paru aux éditions
du Cerf et un ouvrage plus récent " Lhomme
rituel ", paru aux éditions Métaillé. Dans
lYonne, jai exercé le ministère paroissial
pendant 22 ans et cest à la maison darrêt
dAuxerre que jai fait ma première
expérience dans laumônerie des prisons.
Maurice Gruau.
Le Curé
Anthropologue
Veillant sur les âmes
dAppoigny (Yonne)
Maurice Gruau décrypte
les us et coutumes
Des catholiques
français
Comme sils
venaient dun pays lointain
(Marion
Festraëts - Magazine lExpress du 22.04.99)
Maurice Gruau ne porte
pas sa foi en sautoir. Aucune croix à son revers,
pas de col romain. Né en 1930, labbé
appartient à cette génération de prêtres qui
ont vécu la transition entre tradition et
dépoussiérage, la messe en latin dos aux
paroissiens et les homélies en français face à
lassistance. Sa langue nest pas du
bois dont on fait les confessionnaux, mais du
verbe franc dont il écrit ses livres. Car Gruau
mène une double vie : curé de campagne à
Appoigny (Yonne) , il est aussi professeur à
lUniversité de Jussieu, où il enseigne
lanthropologie religieuse à ses étudiants
de troisième cycle. Il vient de publier un essai,
lHomme rituel (Métaillé), où il
décortique les us et coutumes du catholicisme
français. Acteur et témoin dune pratique
de déshérence, il décrypte une messe, un
baptême comme on le ferait dune
cérémonie bantoue ou esquimaude. Nourri de
psychanalyse, de sociologie et de linguistique,
il explore la part dinconscient qui
imprègne la gestuelle traditionnelle. " Freud
avait prédit la fin prochaine des religions,
quand tout le monde aurait constaté leur
caractère irrationnel, écrit-il. Or cest
justement parce que les rites sont en partie
irrationnels quils ont leur chance de durer "
Parce que sy matérialisent des désirs,
des peurs et des demandes que le langage et la
raison ne suffisent pas à exprimer.
Gruau célèbre sa messe
selon la liturgie dautrefois, dont il aime
la dimension sacrée, limaginaire, la part
obscure, forgée par les siècles. Ny voyez
aucune parenté avec les intégristes :
labbé officie avec le calice légué par
un ami prêtre-ouvrier, et les récentes
déclarations vaticanes condamnant
lutilisation de la pilule du lendemain pour
les femmes violées du Kosovo lui inspirent des
réflexions pas très catholiques. Il y a vingt
ans quil a démissionné d e ses
fonctions de vicaire général pour retourner
faire curé de village. Par peur de " se
laisser bouffer par linstitution "
. Lui ne rejette personne : sa porte est
ouverte à tous, pour une nuit ou pour six mois.
Peut-être parce que son père la mis une
nuit dehors lorsquil a appris sa vocation :
" il na plus jamais mis les pieds
à léglise ".
Marion
Festraëts
Magazine
lExpress du 22.04.99
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(Remerciements à Mme MARLOT,
M.BERSUAT et Mme SERRATE-AGUILAR pour leur aide)
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